Mon ado si influençable…

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Je ne cherche plus la cause de cette foutue mèche de cheveux blancs qui a fait son apparition …

Je me croyais à l’abri de certaines « âneries »en privilégiant le dialogue parsemé de beaucoup d’amour et un brin poivré de sévérité. Pauvre idiote…je n’avais pas prévu que l’étape du collège serait aussi difficile…

Je lui ai toujours trouvé de bonnes excuses à ma grande pour la simple et bonne raison que j’éprouve un grand sentiment de culpabilité.

Un sentiment qui n’a jamais cessé de s’accroître au fil du temps mais qui s’est intensifié depuis la naissance de mon filou. Cette naissance a été un bouleversement et jour après jour j’ai vu et compris mes erreurs du passé, me remettant sans cesse en question, me posant mille et une questions et si j’avais….

Oui il y’a toutes ces choses que j’ai faite par amour pour elle mais à quel prix?

Ne cherchant qu’a la mettre à l’abri de par mon statut de « maman solo » dont j’ai essuyé tant de vestes, j’ai lutté en travaillant comme une forcenée pour démontrer à tous ces gens que j’étais capable et que mon âge et ma situation n’étaient pas des freins à une bonne et correcte éducation.

Mais dans cette course d’idéal, j’ai buté sur plusieurs marches dont cette présence maternelle assimilée au jeu, à la lecture et aux petits plaisirs simples qui comblent n’importe quel enfant comme un tour de manège.

C’était un bébé et une jeune enfant si facile que je n’ai pas su discerner ce cruel manque d’attention qu’elle me réclamait, aveuglé par mes soucis de la vie courante, par ma solitude et par son retard de langage dont ce dernier m’a causé énormément de tracas dans son parcours scolaire.

Mon cœur saignait tous les jours de la savoir aux griffes d’enfants mal attentionnés et méchants. Car en plus de ne pas parler correctement, c’était un adorable petit « bouddha » aux yeux en amande de par son origine asiatique avec des lunettes et aussi ronde…

Elle a essuyé tant de moqueries qu’elle s’est forgé une carapace au fil du temps, perdant ce que j’aime le plus en elle sa joie de vivre.

Cet enfant qui souriait tout le temps et qui adorait faire des farces est devenu dure et fragile à la fois.

Combien de nuits ai-je versé des torrents de larmes à cause de mon incapacité à la protéger, à ne pas trouver de solutions pour que ce cauchemar ne soit qu’un mauvais souvenir, je ne sais pas car encore aujourd’hui je pleure.

Et puis il y’a eu cette première rentrée au collège, puis une seconde qui s’est terminée avec du jour au lendemain un refus de manger du porc.

J’ai d’abord cru à une lubie de celle dont les adolescents ont la faculté de pondre sans prévenir….

Au début j’ai laissé couler me disant que ce n’était que passager et qu’il devait avoir un petit copain sous roche ou bien un désir profond de faire comme les autres pour ne pas encore une fois être le vilain petit canard.

Bête que je suis et s’en m’en apercevoir j’ai entretenu cette lubie.

Lorsque nous mangions du porc, j’avais tellement mal au coeur qu’elle ne se nourrisse pas correctement que j’ai commencé à lui acheter des filets de poulet à la place du jambon et ainsi de suite me rendant esclave par la même occasion lors de la préparation des repas.

Dans un premier temps avec mon cher & tendre nous avons tenté de dialoguer posément afin de savoir le pourquoi du comment de cette lubie mais rien aucune réponse de sa part, il a fallu se contenter d’un « c’est comme ça ».

Devant ce silence, une routine s’installe soit on y fait plus attention soit au contraire on tape du poing sur la table mais dans tous les cas le dialogue se meurt….

Et il y’a eu cet horrible attentat début janvier…

Ce jour où le professeur de ma fille leur a demandé de faire une minute de silence sans leur en expliquer la raison…

Et ce soir là où mon sang n’a fait qu’un tour lorsque je l’ai entendu prononcer « Ils n’avaient pas à faire ça au prophète »….

Ah oui j’ai pris une claque et une grosse claque car dans ces moments ton rôle de parent dont tu t’efforces d’honorer chaque jour, en leur transmettant ces valeurs qui te tiennent à cœur comme le respect et la tolérance n’a plus vraiment de sens, tu chutes de haut.

J’ai chuté…et je me suis mise en colère…

Ma propre fille, une étrangère que je ne comprends plus et dont je n’essaie plus …

Alors quand j’ai rencontré son professeur principal quelques jours après, je lui ai exprimé en quelque sorte mon désarroi…Un dialogue simple allant droit au but:

« – Pourquoi leur demander d’observer une minute de silence si ils ne savent pas la raison?

– je suis entièrement d’accord avec vous mais le professeur assurant le cours en question était démuni…etc

– car vous savez l’endoctrinement commence dès le collège »

Voilà c’est dit, je ne peux pas revenir dessus, c’est le besoin de me confier qui a été plus fort…

Ma réaction a été très bien accueilli et elle a pris le temps de parler à ma fille lui expliquant qu’elle seule devait être son libre arbitre et que si elle ressentait un besoin de spiritualité, fait que je respecte, elle seule encore une fois devait découvrir ce dont elle avait besoin en explorant plusieurs champs.

Je suis ressortie de l’entretien avec un poids en moins et j’ai encouragé ma petite fille d’amour a parlé avec son professeur comme elle le lui a proposé même si moi je serai toujours là.

Rien n’arrive qu’aux autres…il ne suffit pas de se sentir à l’abri car enfin de compte rien n’est bâti sur du roc.

Si vous avez une idée surtout dîtes la moi…aujourd’hui j’avais grand besoin de vider mon sac!

 

(source photo unsplash chris sardegna)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié par

Bienvenue Moi c'est Steph, la quarantaine me guette mais auprès de mes enfants j'ai l'impression d'en avoir 5! J'aime la vie, ma famille, lire, écrire, jouer à la maîtresse, me faire jolie, vivre en green et la bonne bouffe maison! Et sûrement plein d'autres choses...à vous de le découvrir sur Souris...Maman :)

19 thoughts on “Mon ado si influençable…

  1. Je ne suis pas parent d’ados et je ne peux sûrement qu’imagine ton désarroi.
    Lorsque j’étais enseignante, j’ai souvent échangé avec des parents qui avaient du mal à comprendre leurs enfants et se sentaient très démunis.
    Je lui disais de ne pas culpabiliser, que cela arrive et qu’un jour ça s’arrange. (facile à dire, je sais..)
    Je n’ai pas de conseil à donner si ce n’est de tenter de dialoguer, ne jamais lâcher même si c’est difficile. Peut-être a-t-elle des personnes extérieures (marraine, oncle, ami proche…) qui pourraient discuter avec elle?
    Courage à toi!

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    1. tu sais moi même je le dis aux gens car je suis de ce tempérament optimiste qui voit toujours une solution aux problèmes …culpabiliser j’ai toujours fait je suis comme ça…j’ai pensé à ton conseil (merci <3) j’espère qu'elle aura le courage de voir sa prof qui l'apprécie car la tante avec qui elle aurait pu parler, on ne la voit plus depuis plus d'un an…et mon autre soeur m'a mis en garde qu'il ne fallait pas que je prenne ça à la légère. j'avoue que là tout de suite je suis à l'ouest! en tout cas merci de ton soutien bisous

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  2. je crois que devenir maman c’est culpabiliser, passer son temps à se demander si …mais stop arrêtons, et regardons ce qui peut être fait maintenant et puis avançons doucement, en essayant en se posant des questions en en parlant autour de soi. Car le courage c’est avoir la force d’admettre qu’on a besoin des autres. Bravo pour ton courage !

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    1. coucou toi lectrice de la première heure 🙂

      depuis que je suis gosse, je culpabilise refusant d’être la source d’une tristesse etc…contre ça il m’arrive de me claquer 🙂
      et avec l’âge on ne se refait pas 🙂
      je ne sais pas…écrire ces mots ont été durs, un mélange de peur, d’échec personnel…un bouquet de sentiments avec lequel j’ai du mal. si j’ai osé c’est aussi parce que je sais que les personnes qui me lisent (preuve) sont formidables ❤ et ça aide beaucoup
      merci à toi bisous

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  3. Loin de moi l’idee de te donner des conseils, mais surtout, surtout ne culpabilise pas. Ce n’est pas toujours facile de communiquer mais il faut s’accrocher, meme si elle ne le montre pas maintenant, elle te seras reconnaissante plus tard. Bon courage, n’hesite pas a me faire un mail si tu veux parler, ça defoule!

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    1. t’es un ❤ merci….oui pas simple moi qui croyait être vigilante, ouverte au dialogue surtout sur les religions…etc
      comme quoi je me casse le pif!
      et sa mésentente avec mon filou n'arrange pas….je vais y laisser un ulcère à l'estomac!!!

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  4. Je suis à des années lumières de ça avec mes deux loulous si petits mais je sais aussi ce que c’est d’annoncer (certes un peu plus agée) une religion sortie de nulle part et les réactions sont parfois fort violentes (comme toute annonce de différence, remarque). Moi je tenterai de comprendre, de m’intéresser, sans renier, sans rabaisser…. peut être parler de l’origine de ça, de la bande de copains, de nos croyances propres, regarder « Qui a envie d’être aimé ? » si ça peut aider, pour juger si c’est une démarche réflechie et sérieuse, ou juste un besoin d’appartenance. Parler du respect aussi, qui est très fort chez les croyants.
    En tout cas plein de courage.

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    1. coucou je suis d’accord avec toi sur le principe de comprendre (etc..) je pense être assez ouverte d’esprit pour ça et la religion est loin d’être tabou à la maison 🙂 bien au contraire…ce que je ne veux pas et que je n’accepte pas c’est toute forme de propagande, d’endoctrinement. je connais ma fille et je sais que c’est une grande naïve…ça me désespère. merci à toi bises

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  5. Etre parents la place la plus difficile au monde nous sommes responsables de futurs adultes. Et l’ado est particulièrement complexe…Ce sont des remises en question et des angoisses de mal faire en permanence. revoir sa façon de faire tout le temps. Comprendre pourquoi à 14h01 il sautillait de joie et à 14h01 et quelques secondes il sombre dans une humeur massacrante.
    Sans compter que nous ne pouvons pas tout savoir de ce qu’il se passe dans leur vie, avec qui ils ont des affinités etc, beaucoup plus compliqué qu’en primaire ou nous pouvons encore beaucoup les protéger de près. D’ailleurs en primaire souvent nous pouvons les accompagner dans l’école, au collège finis à la grille les vieux voir a la maison trop la honte d’être accompagné…
    Du dialogue beaucoup, juste trouver le bon moment et c’est super sport. N’y aurait il pas des bouquins pour toi et pour ta fille abordant ce genre de sujet?
    Plein de courage en tout cas l’ado que ce soit pour nous ou pour eux c’est poa rigolo oO

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    1. oui c’est ça en ce moment j’ai l’impression qu’elle a « ses règles » toutes les 2 minutes! pourtant je n’ai pas trop à plaindre côté dialogue car elle me parle de ses amours ce qui me surprend toujours 🙂 mais ce sujet là ça bloque carrément, je ne comprends pas….oui on peut pas tout savoir…là je sais que ça vient du collège car après des conneries avec le net+téléphone je les ai supprimé…merci beaucoup pour ton conseil je n’avais pas pensé au bouquin je vais explorer cette piste ce week bises

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  6. j’ai lu ton article ; mais je me suis sentie si triste pour toi, si impuissante pour t’aider… en tout cas je trouve ta démarche exemplaire ! ce n’est as facile d’aller se confronter à un enseignant pour questionner et partager ses angoisses, se speurs, ses incertitudes, bravo à toi
    je t’embrasse fort !

    Aimé par 1 personne

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